La semaine qui s’ouvre pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire politique de la Guinée. Le compte à rebours électoral s’accélère et une certitude se renforce dans la conscience collective. Le peuple n’est plus dupe. Il observe, analyse et juge sur la base de son vécu plutôt que de vieilles rhétoriques usées par des décennies de pratiques politiciennes. Les Guinéens n’accordent plus de crédit aux promesses conçues pour manipuler les frustrations populaires sans projet durable.
Les forces vives, elles, semblent parfois oublier une évolution fondamentale. Elles continuent de pointer uniquement ce qui ne fonctionne pas sans jamais expliquer comment bâtir un nouvel avenir. Leur discours repose encore trop souvent sur les antagonismes du passé, sur un schéma politique qui a produit la stagnation et la division. La Guinée a changé. Les citoyens ne veulent plus de leaders qui profitent de la crise permanente. Ils demandent une vision, une méthode, des résultats, une capacité à proposer un avenir plutôt qu’une répétition des rancœurs.
Le renouvellement de la classe politique n’est plus une utopie. C’est une exigence. La génération qui s’exprime aujourd’hui est connectée, lucide, informée. Elle voit ce que font les autres nations africaines qui ont osé le changement et qui récoltent déjà les fruits d’une gouvernance assumée. Elle dit stop aux recycleurs professionnels de slogans et refuse d’être l’otage des mêmes acteurs qui ont tour à tour conduit le pays à l’impasse économique, sociale ou sécuritaire.
Cette génération demande des infrastructures qui transforment le quotidien, des institutions fortes qui ne tremblent pas devant les intérêts particuliers, un leadership capable de tenir tête aux défis réels du pays. Elle demande surtout que la stabilité ne soit pas un mot creux, mais un socle solide pour libérer l’énergie créatrice du peuple.
Dans ce contexte, la semaine à venir pourrait être celle de l’expression populaire organisée et assumée. Une mobilisation grandissante appelle le Général Mamadi Doumbouya à officialiser sa candidature. Pour une partie essentielle de la population, il incarne le renouveau, la rupture avec les habitudes qui ont freiné l’essor du pays et une autorité jugée nécessaire pour consolider les acquis encore fragiles de la transition. Beaucoup voient en lui quelqu’un qui a déjà prouvé qu’il pouvait briser les cercles d’influence nuisibles et remettre l’État au-dessus des intérêts privés.
Le moment est donc historique. Les prochains jours diront si la volonté populaire se transformera en dynamique politique irréversible. La Guinée se trouve à la croisée des chemins. Soit elle retombe dans les pièges du passé en recyclant ceux qui ont déjà failli. Soit elle confirme son choix d’avancer avec ceux qui portent un projet de refondation national, un projet qui ne vise pas seulement à gérer le présent, mais à construire un futur à la hauteur des ambitions du peuple.
La balle est désormais dans le camp du peuple, et surtout dans celui de celui que beaucoup appellent aujourd’hui à franchir le pas pour ne plus laisser au doute la possibilité d’affaiblir l’élan national.
Par Sitanium Cisse






