Pendant de nombreuses années, la Guinée a souffert d’un mal profond : l’écart criant entre la loi écrite et la loi appliquée. Les textes existaient, souvent pertinents et ambitieux, mais leur effectivité demeurait aléatoire, soumise aux rapports de force, aux influences et à une culture d’impunité enracinée. Aujourd’hui, sous le régime du Président Mamadi Doumbouya, un tournant décisif semble s’opérer : la loi tend progressivement à devenir une réalité tangible.
Depuis le 5 septembre 2021, les autorités de la Transition ont placé la refondation de l’État au cœur de leur action. Cette refondation ne pouvait être crédible sans un rétablissement de l’autorité de la loi. Gouverner, ce n’est pas seulement décider ; c’est faire respecter les règles communes, sans distinction de statut, d’appartenance politique ou de position sociale.
L’un des marqueurs forts de cette nouvelle dynamique est la volonté affichée de lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics. Des procédures judiciaires ont été engagées contre d’anciens hauts responsables, envoyant un signal clair : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe, longtemps proclamé, commence à s’incarner dans les faits. L’action des juridictions compétentes et le renforcement des organes de contrôle traduisent une ambition de moralisation de la gestion publique.
Par ailleurs, l’administration publique connaît un processus de restructuration visant à restaurer la discipline, l’éthique et la performance. Des audits, des réformes structurelles et des évaluations internes participent à instaurer une culture de responsabilité. L’objectif est clair : faire de l’État un instrument au service du citoyen et non un outil d’intérêts particuliers.
Dans le domaine sécuritaire également, l’affirmation de l’autorité de l’État contribue à consolider le respect des règles républicaines. La stabilité est considérée comme une condition préalable au développement. Or, la stabilité durable ne peut s’enraciner que dans un environnement où la loi s’impose à tous.
Il serait excessif de prétendre que tout est parfait. Les défis demeurent nombreux : lenteur des procédures judiciaires, attentes sociales fortes, nécessité d’une justice encore plus indépendante et accessible. Toutefois, le changement de cap est perceptible. La culture de l’impunité recule progressivement au profit d’une exigence de reddition des comptes.
La Transition en cours ne se résume donc pas à une simple parenthèse politique. Elle se veut une phase de reconstruction institutionnelle. En faisant de la primauté du droit un pilier de son action, le Président Mamadi Doumbouya cherche à inscrire la Guinée dans une trajectoire où la loi n’est plus un slogan, mais une norme vivante et contraignante.
L’histoire jugera la profondeur et la durabilité de ces réformes. Mais une chose semble désormais acquise : la question du respect de la loi est redevenue centrale dans le débat public guinéen. Et c’est déjà, en soi, une avancée majeure pour la consolidation de l’État de droit en Guinée.
Une Tribune de Mohamed Sita Cisse « Sitanium Cisse «






