NAMUR – La communauté guinéenne de Belgique est profondément bouleversée par la mort tragique d’Adamou Condé. Ce jeune ressortissant guinéen, installé depuis plusieurs années à Namur, a été mortellement atteint de trois balles tirées par des policiers belges lors d’une intervention dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 décembre 2025. Si les circonstances exactes de ce drame demeurent encore obscures, l’émotion et la colère ne cessent de croître au sein de la diaspora africaine, qui évoque déjà une possible « bavure policière ».
Selon Bassamba Diallo, président du Conseil des Guinéens de Belgique, les faits se sont déroulés aux environs de 22 heures dans la ville de Namur, située à une soixantaine de kilomètres de Bruxelles. « Il y a eu une altercation entre Adamou Condé et la police, qui voulait l’interpeller pour des raisons que nous ignorons pour l’instant », explique-t-il.
D’après les premières informations recueillies, le jeune homme aurait refusé d’obtempérer, ce qui aurait conduit les forces de l’ordre à se sentir menacées. « Il aurait refusé d’obtempérer et la police se serait sentie menacée, avant de tirer trois coups de feu sur lui. Mais sur les images, on voit bien que le jeune n’était pas armé », précise Bassamba Diallo.
Pour ce dernier, l’usage d’armes à feu dans ce contexte ne saurait être justifié. « La police dispose de nombreux moyens techniques pour neutraliser une personne qui refuse d’obtempérer : les tasers, les techniques d’immobilisation, les renforts. Recourir à des balles réelles est incompréhensible », insiste-t-il.
Au sein de la communauté guinéenne de Belgique, mais aussi plus largement africaine, beaucoup dénoncent ce qu’ils considèrent comme un usage excessif de la force, certains allant jusqu’à parler de « gâchette facile ». Une perception largement partagée, selon M. Diallo, après la mort du jeune Adamou Condé.
« Même s’il a refusé d’obtempérer, il n’est pas le seul dans ce cas. Aller jusqu’à abattre quelqu’un de trois balles… Franchement, la communauté africaine est choquée, et surtout la communauté guinéenne. Nous ne sommes pas du tout contents », martèle-t-il.
Dès le lendemain du drame, une importante manifestation s’est tenue à Namur. D’autres actions sont déjà annoncées. Les Guinéens de Belgique prévoient notamment une grande mobilisation ce samedi dans la même ville, afin de dénoncer ce qu’ils qualifient de bavure policière et d’exiger que toute la lumière soit faite sur la mort d’Adamou Condé.
Sur le plan judiciaire, une enquête a été ouverte. Le procureur de Namur s’est saisi du dossier, actuellement en instruction. « Les circonstances exactes de son assassinat ne sont pas encore élucidées. Le procureur de Namur a pris le dossier en main. Nous avons contacté la mairie, qui nous a indiqué que la justice est saisie. J’ai personnellement appelé la police, qui m’a répondu que seules les autorités judiciaires sont habilitées à communiquer sur cette affaire », explique le président du Conseil des Guinéens de Belgique.
Le corps de la victime a été transféré à Charleroi, où une autopsie est en cours afin de déterminer avec précision les causes du décès.
Au-delà de l’enquête judiciaire, la question raciale est également au centre des préoccupations. « Beaucoup considèrent qu’il s’agit de comportements racistes. Parce qu’il s’agit d’Africains, d’immigrés, on a tendance à dire que les policiers ont la gâchette facile. On ne comprend pas comment on peut ouvrir le feu sur quelqu’un alors qu’avec trois, quatre ou cinq policiers, il est possible de le maîtriser, même s’il y a une bagarre. Tirer des coups de feu, c’est vraiment regrettable », déplore Bassamba Diallo.
Le président du Conseil des Guinéens de Belgique appelle enfin à une mobilisation massive de la communauté africaine pour « dire non à l’injustice » et réclamer vérité et justice pour Adamou Condé. « Nous allons publier un communiqué dès ce soir pour inviter toute la communauté africaine à participer à la manifestation », annonce-t-il.
Dossier à suivre.






