La scène politique guinéenne n’en finit pas de revisiter son histoire récente. La dernière déclaration de Cellou Dalein Diallo, affirmant avoir plaidé auprès du Général Lansana Conté pour la libération du Professeur Alpha Condé à la fin des années 1990, a ravivé de vifs débats au sein de l’opinion publique.
Selon le leader de l’UFDG, alors haut cadre du régime Conté, il aurait usé de son influence pour convaincre le défunt président d’accorder la grâce au fondateur du RPG, arrêté et jugé pour des faits qualifiés à l’époque d’atteinte à la sûreté de l’État. Cette révélation, faite sur un ton d’apaisement et de rappel historique, n’a pas laissé les Guinéens indifférents.
D’un côté, certains saluent un acte de grandeur et de patriotisme, estimant que Dalein Diallo a, une fois encore, démontré son attachement à la paix et à la réconciliation nationale. Ils y voient la preuve d’une constance dans ses valeurs humanistes et d’un sens du pardon qui transcende les rivalités politiques.
De l’autre, des voix critiques y perçoivent une tentative de récupération politique. Pour eux, cette déclaration intervient dans un contexte où les alliances et repositionnements se multiplient à l’approche des prochaines échéances électorales. Ils estiment que l’ancien Premier ministre cherche à redorer son image en se présentant comme un acteur de réconciliation, alors même que ses rapports avec le pouvoir du Pr Alpha Condé ont été marqués par une rivalité sans concession.
Entre admiration et scepticisme, la sortie de Cellou Dalein Diallo a relancé le débat sur la sincérité et la mémoire des acteurs politiques guinéens. Elle rappelle aussi que l’histoire du pays reste vivante dans les consciences, et que chaque mot, chaque révélation, peut rouvrir les plaies d’un passé encore sensible.
Sitanium Cisse






